Short Éditions : une expérience short-lived

8 mois d’utilisation au total : est-ce trop tôt pour établir un bilan ? Je ne pense pas. Car mine de rien, on a assez vite fait le tour du site et de son offre. Short Éditions m’a un peu fait rêver au départ. « Ici, on lit — et on écrit — de la littérature courte ! » Avec le point d’exclamation très guilleret. Ambiance amicale assurée ? Bof. Pour l’ambiance, à part le forum, on repassera.

Mais reprenons depuis le début. Short Éditions se présentent comme l’éditeur des formats courts (nouvelle), voire très très courts (micro nouvelle de moins de 6000 sec) qui diffuse les textes de ses auteurs de plusieurs manières : il y a bien entendu le site Internet pour la lecture en ligne, mais aussi les Distributeurs d’Histoires Courtes, ces bornes qu’on peut croiser dans certains lieux publics où les gens sont susceptibles de consacrer quelques minutes à la lecture, en attendant leur train par exemple. Enfin, SH publie une revue, Short, où se retrouvent tous les récits, poèmes et BD primés au Grand Prix du Court, décerné à environ 80 œuvres en moyenne dans l’année.

Mais pour toi, la plume inconnue qui débarque sur le site avec zéro abonné et dont le but est de gagner un prix, Short Éditions n’est pas un éditeur, mais un réseau social dans lequel tu vas devoir investir beaucoup de temps si tu veux obtenir des votes sur tes œuvres. Certes une première sélection est effectuée au moment de soumettre son texte, par le Comité de lecteurs. Franchir cette première étape, ça fait du bien au moral (c’est pas complètement nul, ce que j’écris !) jusqu’à ce qu’on tombe sur des choses très moyennes, avec des fautes d’orthographe, des maladresses, mais en compétition dans la même catégorie ! Zut alors.

Naïf, tu crois en toi et ton talent qui, c’est certain, sera bientôt reconnu et ça fera boule de neige et tout le monde viendra lire et voter et commenter ton histoire ! Sauf que non. Apparemment, pour beaucoup, le site est une plateforme d’échange de service : je vote pour toi, tu votes pour moi. Alors oui, j’aime bien recevoir des voix ! En revanche, je n’aime pas donner les miennes à une œuvre qui ne m’a pas plu simplement parce que je m’y sens contrainte. Or c’est malheureusement l’obligation implicite qui accompagne chaque gentil commentaire. Je m’en suis rendue compte en voyant arriver dans ma messagerie ce type de courriel : je n’ai pas retrouvé votre vote de soutien à…

Je constate qu’il faut — reconnaissons-le — une sacrée organisation pour pouvoir identifier les personnes qui n’ont pas voté pour son texte ! Et prendre le temps ensuite d’aller relancer, histoire de faire réparer ce fâcheux oubli, si c’est pas du racolage… Cette course aux abonnés, aux votants, aux prix, ce n’est vraiment pas pour moi. Je suis déjà présente sur d’autres réseaux. Mon temps est trop court pour Short Éditions ! (Mouais. De toute évidence, il est aussi insuffisant pour trouver des jeux de mots potables.)

Dernier reproche que je souhaite formuler : l’absence totale d’interaction entre SH et leurs auteurs sur les réseaux. Sur Twitter par exemple, @short_edition est consacré uniquement à la promotion du distributeur, aux clients, aux événements… Un outil marketing et RP en somme. On a l’impression que les milliers d’auteurs présents sur le site sont un peu comme de la chair à saucisse. On passe tous dans le hachoir, mais on est loin de tous finir en chipolata ; ou en ticket de caisse, pour choisir une métaphore plus appropriée au format papier publié chez SE !

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