Recyclage

Ce mois-ci, j’ai fait une merveilleuse découverte : tout ce qui est daté n’est forcément bon à jeter. Il suffit de savoir recycler. Je parle de ces vieux textes rédigés par un autre soi, plus jeune, plus naïf, et à la tête moins remplie qu’aujourd’hui. Il était une époque où j’écrivais des scénarios, persuadée que le cinéma serait ma vocation. *soupir* Et il y peu, à la lecture d’un défi lancé sur Scribay, l’une de ces histoires scénarisées s’est rappelée à mon bon souvenir. Ça pourrait bien coller, à condition de la dépoussiérer un peu. Alors on ouvre le document qui a déjà 14 ans (merci Linux), on fait la grimace à la vue de la chose dégoulinante de candeur qui tient lieu de texte, et on se met au travail. A priori, transformer une mise en forme scénaristique en nouvelle, cela n’a rien de compliqué. On retire l’intitulé des scènes, les mentions de temps et d’emplacement, on rajoute quelques verbes par-ci par-là, on étoffe les descriptions, on allège les dialogues. Mais un simple ravalement ne suffit pas. Il faut repenser la chute. Car ce qui marche à l’écran ne fonctionne pas nécessairement à l’écrit.

Une fois le travail terminé, je suis plaisamment surprise du résultat qui fait désormais moins honte à ma plume ingénue.

Forte de cette modeste réussite, je m’attaque à un autre texte enfoui au fond d’un tiroir et qui, en l’état, ressemble plus à l’embryon d’une idée qu’à une œuvre finie. Ce brouillon, à mi-chemin entre le pitch et le poème en prose, mériterait qu’on s’y intéresse de plus près. Mais comment dynamiser tout ça ? Scribay (encore une fois) me donne la réponse : une narration à la première personne ! Et hop. C’est parti pour un deuxième relooking.

Une chose étrange se passe au cours du processus : le dénouement, plutôt incertain à la base, devient franchement inquiétant. Cet imprévu m’interpelle. L’écriture (et dans ce cas, la réécriture) nous mène bien souvent vers des contrées relativement éloignées de notre destination initiale. Et si l’on sait faire preuve d’un peu de souplesse, leur exploration en vaut toujours la peine.

Conclusion : il suffit parfois d’un rien (un changement de format, de perspective) pour transformer un texte médiocre en une lecture plaisante affirme-t-elle humblement. Du coup, je vais de ce pas procéder à une fouille archéologique méticuleuse de tous mes tiroirs. Il y a là peut-être encore quelques reliques à sauver de la déchiqueteuse…

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