Prendre. Et rendre.

Quelqu’un (Neil Jomunsi) un jour (14 janvier 2018) a dit : Si on pouvait tous et toutes rendre un peu à la culture ce qu’elle nous a donné, ce serait canon.

Concrètement, ça veut dire quoi ? Permettez que je me lance : nous sommes des grands consommateurs de produits culturels (musique, cinéma, livres, théâtre, musées et j’en passe) et cette alimentation contribue – dans une mesure dont on ne soupçonne pas l’étendue – à la construction de notre pensée, au raffinage de nos goûts, à l’affûtage de notre sens critique, et à la personne que nous sommes aujourd’hui. Toute cette richesse impalpable que nous accumulons au fil de nos lectures, écoutes, sorties, nous fertilise en tant qu’individu. Or sans procréation, une terre féconde ne devient-elle pas stérile ?

On constate sur les réseaux un grand partage de ces expériences culturels, qu’il s’agisse d’un livre qui nous a bouleversé, d’un film qu’on a trouvé envoûtant, d’une exposition dont on sort transformé… serait-ce dans notre nature de chercher à propager autour de nous l’émotion suscitée par une œuvre, la grâce qui nous touche à l’instant T, la réalisation qui remet tout en question ? Et quand cette quête de diffusion nous transforme nous-même en créateur (artistique ou de contenu), nous redonnons à la culture un peu de ce qu’elle nous a octroyé.

Notez le mot-clé : redonner. Du verbe donner, faire un don, offrir, céder gratuitement et volontairement la propriété d’une chose…

Voyez-vous où j’en viens ? Certes on peut reprocher à la culture d’être aujourd’hui d’abord commerciale. Après tout, quand je vais au cinéma, je paye ma place. Les livres dans ma bibliothèque, je les ai bien achetés. Et ainsi de suite. Mais parallèlement, que représente le prix d’une carte de lecteur qui m’ouvre les portes d’une médiathèque aux milliers de titres ? Combien me coûte un spectacle de rue ? La visite d’une galerie d’art ? Le téléchargement d’une œuvre du domaine public ? Réponse : rien, ou pas grand-chose.

Nombreux sont les artistes qui mettent leurs créations en ligne, en téléchargement gratuit ou en partage sous licence Creative Commons. C’est grâce aux images CC0 que l’on trouve dans les bases de photos en ligne tels que pexels ou Unsplash que je peux illustrer mes couvertures en toute sérénité. Mais je ne peux concevoir ce rapport de façon unilatérale. Si je prends, il faut bien qu’à un moment donné, je songe à rendre à mon tour. Alors à la question comment puis-je contribuer à la culture ? j’ai choisi de répondre par des publications sous licence CC BY-NC-SA (PLANTE, LA FILLE DE L’AIR) qui non seulement autorise mais encourage à copier et redistribuer l’œuvre sous n’importe quel format à des fins non commerciales, ainsi qu’à modifier, remixer, et créer à partir de l’œuvre originale sous des conditions de partage identiques.

Pourquoi ce choix ? Parce que contrairement à une publication commerciale, la publication disons ouverte invite non pas à débourser mais s’approprier la création, à la partager, et même à y collaborer. L’un des objectifs de la culture libre ne serait-il pas de fédérer un mouvement symbiotique autour d’une œuvre composée de mille et une créations ? Et puis je l’avoue : l’idée de pouvoir contribuer de son vivant à l’enrichissement d’un patrimoine culturel commun a quelque chose d’extrêmement plaisant en soi.

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